The community of Kégaska, situated at the western entrance to the Lower North Shore, is located approximately 60 kilometres from Natashquan, where Route 138 currently ends.
Company post
reaches the village
Natashquan
Its name derives from the Innu word 'quegasca', meaning 'small point', which refers to a shortcut or an easy passage at high tide between the mainland and the islands, reflecting the area's distinctive geography. The village is situated on a headland bordered by two bays, Muddy Bay and Kégaska Bay, as well as on Île Noire, connected to the mainland by a bridge. This strategic location, surrounded by waterways, coves and small islands, has encouraged human settlement for thousands of years, as evidenced by the prehistoric artefacts found in the region.
The first documented European presence dates back to 1831, when the Hudson's Bay Company established a post there for salmon fishing and trade with the Innu and Inuit. A few decades later, in the early 1850s, Acadian families from the Îles-de-la-Madeleine settled in Kégaska, but a diphtheria epidemic forced them to abandon the area around 1870. Meanwhile, in 1855, an English-speaking settler from Nova Scotia, Samuel Foreman, arrived there and was joined by families from Newfoundland; this initial wave of English-speaking settlement was followed by other English-speaking families from Anticosti in the late 19th century. The current inhabitants are mainly descended from these families who arrived in successive waves throughout the century.
Throughout the 19th century, Kégaska experienced periods of growth and decline, largely due to difficulties in the fishing industry. In 1871, an invasion of porpoises disrupted fishing activities to such an extent that it led to famine, prompting several families to leave the village for good. Subsequently, the area was partially repopulated by Irish immigrants from Newfoundland, who settled in the abandoned houses before leaving again in the 1890s. At the start of the 20th century, the population stabilised around a few English-speaking families, such as the Courts, Kippens, Osbornes, Stobberts and Foremans, who were involved in fishing and maritime activities.
Kégaska's isolation remained a defining feature of its history until very recently. Long accessible only by boat or plane, the arrival of Route 138 in 2013, thanks to the construction of a bridge spanning the Natashquan River, marked a major transformation. Kégaska thus became the new road terminus of the Lower North Shore, a status previously held by Natashquan. This road link has made travel easier in some respects, whilst leaving intact the daily reality of a village where services remain limited and where the way of life demands great resilience.
Economically, Kégaska now relies mainly on commercial fishing, particularly for crab, lobster and groundfish, as well as seafood processing. The community also promotes its local attractions, including the wreck of the Brion, a cargo ship from the Îles-de-la-Madeleine that ran aground in 1976, accessible via a picturesque footpath. There are also the remains of the Foreman sawmill, which once supplied the timber for the construction of the village, as well as the small Anglican church of St Philip, open to visitors. The region also offers magnificent sandy beaches, opportunities for whale and seabird watching, as well as traditional activities such as clam digging or wild berry picking.
Today, the community of Kégaska has around a hundred residents, often known as the Coasters, heirs to a long history of fishermen and seafarers who chose to settle in this demanding yet resource-rich environment. The arrival of the road has not erased the village's unique identity: a strong sense of community, a culture rooted in the sea, and a way of life shaped by its remoteness and the vast, powerful landscapes of the Basse-Côte-Nord.
Kégaska, Basse-Côte-Nord · Coastal Legacies
La communauté de Kégaska, située à l'entrée ouest de la Basse-Côte-Nord, se trouve à environ 60 kilomètres de Natashquan, là où se termine aujourd'hui la route 138.
Baie d'Hudson
atteint le village
Natashquan
Son nom provient du terme innu quegasca, se traduisant en « petite pointe » qui désigne un raccourci ou un passage facile à marée haute entre la terre ferme et les îles, reflétant la géographie particulière du secteur. Le village est établi sur une pointe de terre bordée par deux baies, soit la baie Muddy et la baie de Kégaska ainsi que sur l'île Noire, reliée à la terre par un pont. Cette position stratégique, entourée de cours d'eau, d'anses et de petites îles, a favorisé l'établissement humain depuis des millénaires comme l'indiquent les artéfacts préhistoriques retrouvés dans la région.
La présence européenne documentée débute en 1831, lorsque la Compagnie de la Baie d'Hudson y ouvre un poste de pêche au saumon et de traite avec les Innus et les Inuit. Quelques décennies plus tard, au début des années 1850, des familles acadiennes en provenance des Îles-de-la-Madeleine s'installent à Kégaska, mais une épidémie de diphtérie les pousse à abandonner l'endroit vers 1870. Entretemps, en 1855, un colon anglophone de la Nouvelle-Écosse, Samuel Foreman, y arrive, et est rejoint par des familles de Terre-Neuve ; ce premier mouvement de colonisation anglophone sera suivi par d'autres familles d'expression anglaise provenant d'Anticosti à la fin du 19e siècle. Les habitants actuels descendent principalement de ces familles venues étapes successives au fil du siècle.
Tout au long du 19e siècle, Kégaska est marquée par des épisodes de croissance et de déclin, notamment causés par les difficultés de la pêche. En 1871, une invasion de marsouins compromet les activités de pêche au point de provoquer la famine, ce qui pousse plusieurs familles à quitter définitivement le village. Par la suite, les lieux sont partiellement réoccupés par des Irlandais venus de Terre-Neuve, qui s'installent dans les maisons abandonnées avant de repartir dans les années 1890. Au début du 20e siècle, la population se stabilise autour de quelques familles anglophones, telles que les Courts, Kippens, Osborne, Stobberts et Foremans, qui s'investissent dans la pêche et les activités maritimes.
L'isolement de Kégaska demeure un trait dominant de son histoire jusqu'à une période très récente. Longtemps accessible uniquement par bateau ou par avion, l'arrivée de la route 138 en 2013, grâce à la construction d'un pont reliant la rivière Natashquan, marque une transformation majeure. Kégaska devient alors le nouveau terminus routier de la Basse-Côte-Nord, un statut autrefois assumé par Natashquan. Ce lien routier facilite certains déplacements, tout en laissant intacte la réalité quotidienne d'un village où les services restent limités et où le mode de vie exige une forte résilience.
Sur le plan économique, Kégaska dépend aujourd'hui principalement de la pêche commerciale, notamment du crabe, du homard et du poisson de fond, ainsi que de la transformation des produits marins. La communauté valorise aussi ses attraits locaux, dont l'épave du Brion, un cargo des Îles-de-la-Madeleine échoué en 1976, accessible par un sentier pédestre pittoresque. On y retrouve également les vestiges du moulin à bois Foreman, qui a fourni jadis le bois d'œuvre pour la construction du village, ainsi que la petite église anglicane St. Philip, ouverte aux visiteurs. La région offre par ailleurs de magnifiques plages sablonneuses, des possibilités d'observation des baleines et oiseaux marins, ainsi que des activités traditionnelles comme la cueillette de palourdes ou de baies sauvages.
Aujourd'hui, la communauté de Kégaska compte autour d'une centaine d'habitants, souvent surnommés les Coasters, héritiers d'une longue histoire de pêcheurs et de navigateurs ayant choisi de s'établir dans ce milieu exigeant mais riche en ressources. L'arrivée de la route n'a pas effacé l'identité propre du village : un esprit communautaire fort, une culture enracinée dans la mer, et un mode de vie façonné par l'éloignement et les paysages vastes et puissants de la Basse-Côte-Nord.
Kégaska, Basse-Côte-Nord · Coastal Legacies