Coastal Legacies
Nineteenth-century wood engraving: a woman in furs and a hooded cloak stands on a rocky
              shore under a cliff, gripping a spear driven into the last of two bears lying dead at
              her feet, a second spear planted in the ground beside her.

Oral tradition · Lower North Shore Tradition orale · Basse-Côte-Nord

Demoiselle Island L'île de la Demoiselle

Vieux-Fort archipelago  ·  Gulf of St Lawrence Archipel du Vieux-Fort  ·  Golfe du Saint-Laurent

Wood engraving · “Marguerite Roberval dans une île déserte” Gravure sur bois · « Marguerite Roberval dans une île déserte »

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The legend of Demoiselle Island has several versions. This legend led to archaeological digs and influenced a major Quebecois playwright. In her work L'île de la Demoiselle, Anne Hébert was inspired by the legend of Marguerite de Roberval, recounted in Renaissance texts, particularly André Thevet's Cosmographie universelle (1575), which reports the facts based on Marguerite de Roberval's own testimony.

The true story recounts an event from the very beginnings of the colony (likely in 1542) when a young woman, a ward of Sieur de Roberval, was abandoned on a deserted island in the St. Lawrence Estuary by her guardian for misconduct. The account truly comes from two writings: one detailed account comes from the cosmographer André Thévet and is retold by Charles de la Roncière in his Histoire de la marine française and his Jacques Cartier; the other account, which is actually a few figures reflecting Marguerite de Roberval's story, is presented in Marguerite de Navarre's Heptaméron.

On the North Shore, several versions of this legend are reported in the books Légendes de la Côte-Nord and Légendes du Fleuve Saint-Laurent.


The first version of this legend goes as follows: The woman abandoned on an island, Demoiselle Island, sometimes called Demon Island.

In the era of the first voyages of French navigators who came to Canada from the ice melt until the cold seasons, it happened that people on the voyage were left on an island or on the shore, only to be forgotten there when the ships departed in the autumn.

This was the fate reserved for Marguerite de Roberval who, one spring, along with her husband and a governess, had been dropped off on an island lost in the middle of the river. By late autumn, realizing they had been forgotten in America, they undertook, with rudimentary tools, to replace their summer camp with a structure that would protect them from the winter cold. When spring returned, they enlarged the piece of cleared land from the previous summer, and sowed some fruit and vegetable seeds from the rations left by the captain who had deceived them. It was from this second summer spent on the island in forced expedition that their stay began to sour. A large black bird started stealing vegetables from their garden; so much so that they had to harvest before the crop was ripe. Then the bird became even more aggressive, and it attacked the husband who did not survive the attack. A few weeks later, it was the governess's turn to die after being mistreated by the bird. In September, as Marguerite walked on the shore with her baby, the bird suddenly appeared and flew off, carrying the child with it. The woman, now alone on the island, no longer moved without a large stick in hand to defend herself.

The last battle took place in late autumn; the woman managed to knock out the large black bird. Several years then passed, which seemed very long to Marguerite. One day, a ship captain passing near the island spotted a woman dressed in fur skins making desperate signs to attract his attention. He went to retrieve her and brought her back to France where she then vainly sought her uncle who had abandoned her on the island. Roberval had died the previous autumn, beaten to death with a stick by a woman.


Already in the 16th century, the story influenced literature. Thus, the first exotic novel drawing its plot from an adventure that occurred in Canada was published in Paris in 1559. Its author had died ten years earlier, leaving an unfinished manuscript. This was Marguerite de Navarre, sister of King Francis I, who, drawing inspiration from lived adventures, recounted that of a namesake: Marguerite de Roberval.

What is true in the story of Roberval's niece or close relative? Probably little, for it is impossible that she could have survived on this wave-beaten island where nothing grows, for more than a few months. Demon Island existed. It still exists, but a cartographer one day changed its name to Demoiselle Island.

According to the Commission de toponymie, the island, which belongs to the Vieux-Fort archipelago, is located near the north coast of the Gulf of St. Lawrence, 30 km west of the village of Lourdes-de-Blanc-Sablon. Demoiselle Island is also known as Caribou Island. The name originates from a historical fact published in Marguerite de Navarre's collection of short stories in 1558.

In fact, it is impossible to state with certainty the exact location or the veracity of the facts. This legend seems to be well linked to a real historical event, even if the facts are distorted or amplified by oral tradition and the imprecise writings of the time. On the Lower North Shore, there is a Demoiselle Island, which is part of the Vieux-Fort archipelago and is located in Bonne-Espérance Bay. However, judging from the map drawn by Jean Alfonce, Roberval's pilot, the island would rather be located in the Harrington archipelago. Archaeological research on the island did find traces of prehistoric occupation, but nothing indicated the presence of Marguerite de Roberval!

Demoiselle Island, Basse-Côte-Nord · Coastal Legacies

La légende de l'île de la Demoiselle connaît plusieurs versions. Cette légende a mené à des fouilles archéologiques et a inspiré une grande dramaturge québécoise. Dans son œuvre L'île de la Demoiselle, Anne Hébert s'est inspirée de la légende de Marguerite de Roberval, rapportée dans des textes de la Renaissance, notamment la Cosmographie universelle (1575) d'André Thevet, qui relate les faits d'après le témoignage de Marguerite de Roberval elle-même.

L'histoire véritable rapporte un événement des tout débuts de la colonie (vraisemblablement en 1542), lorsqu'une jeune femme, pupille du sieur de Roberval, fut abandonnée sur une île déserte de l'estuaire du Saint-Laurent par son tuteur pour inconduite. Le récit provient en fait de deux écrits : un récit détaillé du cosmographe André Thévet, repris par Charles de la Roncière dans son Histoire de la marine française et son Jacques Cartier ; l'autre récit, qui tient en réalité à quelques figures reflétant l'histoire de Marguerite de Roberval, se trouve dans l'Heptaméron de Marguerite de Navarre.

Sur la Côte-Nord, plusieurs versions de cette légende sont rapportées dans les ouvrages Légendes de la Côte-Nord et Légendes du Fleuve Saint-Laurent.


La première version de cette légende va comme suit : la femme abandonnée sur une île, l'île de la Demoiselle, parfois appelée île au Démon.

À l'époque des premiers voyages des navigateurs français venus au Canada de la fonte des glaces jusqu'aux saisons froides, il arrivait que des gens du voyage soient laissés sur une île ou sur la grève, pour y être oubliés au départ des navires à l'automne.

Tel fut le sort réservé à Marguerite de Roberval qui, un printemps, avec son mari et une gouvernante, avait été déposée sur une île perdue au milieu du fleuve. À la fin de l'automne, comprenant qu'ils avaient été oubliés en Amérique, ils entreprirent, avec des outils rudimentaires, de remplacer leur campement d'été par une construction qui les protégerait du froid de l'hiver. Au retour du printemps, ils agrandirent la parcelle défrichée l'été précédent et semèrent quelques graines de fruits et de légumes prises dans les rations laissées par le capitaine qui les avait trompés. C'est à partir de ce deuxième été passé sur l'île en expédition forcée que leur séjour commença à se gâter. Un grand oiseau noir se mit à voler les légumes de leur jardin ; tant et si bien qu'ils durent récolter avant la maturité. Puis l'oiseau devint plus agressif encore, et il attaqua le mari, qui ne survécut pas à l'attaque. Quelques semaines plus tard, ce fut au tour de la gouvernante de mourir après avoir été malmenée par l'oiseau. En septembre, alors que Marguerite marchait sur la grève avec son bébé, l'oiseau surgit et s'envola en emportant l'enfant. La femme, désormais seule sur l'île, ne se déplaçait plus sans un grand bâton à la main pour se défendre.

Le dernier combat eut lieu à la fin de l'automne ; la femme parvint à assommer le grand oiseau noir. Plusieurs années passèrent ensuite, qui parurent très longues à Marguerite. Un jour, un capitaine de navire passant près de l'île aperçut une femme vêtue de peaux de fourrure qui faisait des signes désespérés pour attirer son attention. Il alla la recueillir et la ramena en France, où elle chercha ensuite en vain son oncle qui l'avait abandonnée sur l'île. Roberval était mort l'automne précédent, battu à mort à coups de bâton par une femme.


Dès le XVIe siècle, l'histoire influença la littérature. Ainsi, le premier roman exotique tirant son intrigue d'une aventure survenue au Canada parut à Paris en 1559. Son auteure était morte dix ans plus tôt, laissant un manuscrit inachevé. Il s'agissait de Marguerite de Navarre, sœur du roi François Ier, qui, s'inspirant d'aventures vécues, racontait celle d'une homonyme : Marguerite de Roberval.

Qu'y a-t-il de vrai dans l'histoire de la nièce ou proche parente de Roberval ? Probablement peu de chose, car il est impossible qu'elle ait pu survivre plus de quelques mois sur cette île battue par les vagues où rien ne pousse. L'île au Démon a existé. Elle existe toujours, mais un cartographe en a changé un jour le nom pour île de la Demoiselle.

Selon la Commission de toponymie, l'île, qui appartient à l'archipel du Vieux-Fort, est située près de la côte nord du golfe du Saint-Laurent, à 30 km à l'ouest du village de Lourdes-de-Blanc-Sablon. L'île de la Demoiselle est aussi connue sous le nom d'île du Caribou. Le nom tire son origine d'un fait historique publié dans le recueil de nouvelles de Marguerite de Navarre en 1558.

En fait, il est impossible d'affirmer avec certitude l'emplacement exact ni la véracité des faits. Cette légende semble bien liée à un événement historique réel, même si les faits sont déformés ou amplifiés par la tradition orale et les écrits imprécis de l'époque. Sur la Basse-Côte-Nord, il existe une île de la Demoiselle, qui fait partie de l'archipel du Vieux-Fort et se trouve dans la baie de Bonne-Espérance. Cependant, à en juger par la carte dressée par Jean Alfonce, le pilote de Roberval, l'île se situerait plutôt dans l'archipel de Harrington. Les recherches archéologiques sur l'île ont bien trouvé des traces d'occupation préhistorique, mais rien n'indiquait la présence de Marguerite de Roberval !

Île de la Demoiselle, Basse-Côte-Nord · Coastal Legacies